Jeunes enfants et écrans

Roberta De Luca Roberta De Luca le 13 décembre 2017

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L’arrivée massive et fréquemment envahissante des nouvelles technologies a drastiquement changé notre manière de communiquer, d’interagir, de s’informer, d’apprendre.

Nos enfants grandissent dans un univers médiatique très riche, qui cache aussi des risques à côté d’énormes opportunités. Il n’est pas réaliste de préserver complètement nos enfants des progrès de la technologie; en revanche nous devons apprendre à mieux intégrer dans notre quotidien l’emploi des médias dans le respect des étapes du développement de l’enfant.

Etre parent à l’ère digitale – quelques embûches fréquentes

La communication parentale permanente avec le monde extérieur à travers leurs smartphones/tablette, conduit de plus en plus de jeunes enfants à exprimer dès que l‘attention de leur parents se porte plus sur les écrans que sur eux. L’enfant a besoin d’attention pour grandir.

L’utilisation des écrans pour distraire les enfants en bas âge, dans le but d’en obtenir la coopération (pour les habiller, pour les nourrir etc.) ou pour obtenir du calme (tablette au restaurant) enlève la frustration d’une limite importante au développement. Dans les faits, ce court-circuit soustrait l’enfant à un nouvel apprentissage.

Même si bien intentionnées, des comptines à suivre à l’écran stimulent bien moins les compétences telles que le langage qu’un échange bilatéral avec l’adulte de référence. Le cerveau du jeune enfant est moins réceptif aux images bidimensionnelles qu’à la perception multi-sensorielle d’un échange interactif.

Que sont les besoins dans sa première année de vie?

Pour devenir un adulte autonome, tout enfant a besoin de sécurité et d’attention – cela se construit à travers une relation de qualité avec l’adulte de référence. Pour stimuler ses compétences, l’enfant nécessite une liberté de mouvement, de bouger librement et abondamment ainsi que de découvrir le monde à travers tous ses 5 sens.

Que faire?

Nous conseillons aux jeunes parents de choisir consciemment le temps attribué à la technologie. Décidez de manière délibérée à quel moment de la soirée votre attention peut être détournée par votre téléphone portable et empêchez à votre téléphone de vous distraire lors d’un moment de qualité avec votre enfant.

Si les impératifs de votre quotidien exigent des consultations régulières de l’internet, faites-le en l’absence de votre enfant.

Pour aider votre enfant dans ses acquisitions de l’autonomie, lors des repas, du sommeil, de l’habillage, il faut montrer le modèle et donner des limites dès le plus jeune âge. L’enfant doit pouvoir vous regarder faire pour pouvoir imiter.

Si vous prévoyez un repas au restaurant, choisissez plutôt un endroit doté d’un espace de jeu pour les enfants permettant une activité créative et physique et cherchez à éviter des durées de repas excessivement longues.

Pour patienter, proposez des livres avec différents tissus ou avec des sons. Les comptines à suivre à l’écran sont déconseillées pour les enfants de moins de 3 ans. Par contre on peut lire à l’enfant dès le plus jeune âge, bien avant le développement du langage qu’il stimule. Les livres adaptés à l’âge pour une compréhension permettent à l’enfant de s’émerveiller devant vos changements d’intonation, vos rires, votre complicité.

Préférez des activités en pleine air, pour encourager l’enfant à bouger, c’est cette activité qui le développe dans ses compétences motrices et spatiales. Lors des moments à la maison, aidez votre enfant à faire connaissance avec son environnement en passant par le jeu (par exemple en remplisant une bouteille en PET de pinces à linge, en manipulant une casserole ou la fermeture velcro d’un vêtement).

 

En conclusion, pour aider son enfant à grandir, se  développer et s’autonomiser, une utilisation modérée et contrôlée des technologies et des écrans est fortement recommandée dès le plus jeune âge. Les bases d’une relation durable avec votre enfant nécessitent une interaction directe et des limites.

 

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Roberta De Luca

Publié par Roberta De Luca

Néonatologue, médecin consultante en néonatologie et médecin adjointe responsable Petite Enfance du Canton de Geneve au SSEJ

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